Punta Cana, terre de poker

Doyle Brunson en invité de marque, Ari Engel tout près du doublé, Niall Farrell sacré sur le World Poker Tour… Bien avant l’arrivée annoncée des WSOP, Punta Cana avait déjà quelques belles histoires à raconter. Avec le Hard Rock Hotel & Casino comme principal théâtre, la destination dominicaine s’est construit une place sur la carte du poker international. Du 24 janvier au 2 février 2027, le premier WSOP Super Circuit LATAM viendra en écrire un nouveau chapitre.

À Punta Cana, les souvenirs de vacances ne tiennent pas tous dans une carte mémoire. Certains figurent dans les bases de résultats, avec une date, un drapeau et une somme à six chiffres. Pour Troy Quenneville, novembre 2016 restera ainsi le mois d’une deuxième place sur le World Poker Tour suivie, deux jours plus tard, d’une victoire à 400.000 $. Le tout au même endroit : le Hard Rock Hotel & Casino.

Dix ans après cette semaine peu ordinaire, l’établissement prépare l’arrivée des World Series of Poker. Une nouvelle enseigne au-dessus des tables, mais une histoire qui remonte bien plus loin que l’annonce du prochain festival.

2010 : Doyle Brunson pour ouvrir le bal

Pour retrouver les débuts de cette histoire, il faut revenir à novembre 2010. Le complexe vient de changer de nom : l’ancien Moon Palace passe sous pavillon Hard Rock le 1er novembre. Les premières annonces du Punta Cana Poker Classic utilisent encore son ancienne identité. Le poker accompagne donc presque immédiatement la naissance du Hard Rock dominicain.

L’affiche a déjà de quoi attirer l’attention. Doyle Brunson fait le déplacement, entouré de plusieurs figures de DoylesRoom, parmi lesquelles Todd Brunson, Hoyt Corkins et Mike Caro. Pour un festival qui cherche encore à se faire un nom, recevoir une légende du jeu constitue une sacrée carte de visite.

Le Canadien Peter Cross remporte cette première édition, qui rassemble 203 participants. Le principe du séjour est déjà en place : des qualifications en ligne, un package associant tournoi et hébergement, et la possibilité de venir jouer quelques jours sans sacrifier complètement les vacances. Une formule appelée à devenir la marque de fabrique de Punta Cana.

Le Poker Classic prend ses habitudes au Hard Rock

Le rendez-vous revient et grandit. En 2011, Demo Kiriopoulos, un Canadien de 20 ans, s’impose parmi 415 participants et empoche 136.949 $.

Demo Kiriopoulos

En 2012, l’Américain Matthew Weber lui succède. Les premières éditions dessinent déjà un carrefour entre joueurs nord-américains, Latino-Américains et voyageurs venus chercher une autre ambiance que celle des salles habituelles.

Matthew Weber

En 2013, le tournoi atteint 490 entrées. Le Mexicain Guillermo Olvera remporte le titre et 171.100 $, tandis qu’Anthony Zinno termine quatrième. Les noms commencent à compter autant que les chiffres : Punta Cana peut offrir du soleil, mais les derniers jours de tournoi se disputent contre une opposition bien réelle.

Ari Engel vient le rappeler en 2014. L’infatigable voyageur du circuit remporte un Main Event de 507 entrées, puis revient défendre son titre l’année suivante.

La table finale du Main Event 2014

Il atteint encore la table finale et termine quatrième en 2015. Le doublé lui échappe, mais la performance dit beaucoup de sa régularité.

Cette édition 2015 revient au Vénézuélien Luis Yepez, qui empoche 185.615 $. Avec 567 entrées et 824.985 $ distribués, le Poker Classic a nettement changé d’échelle depuis ses débuts. Le Hard Rock aura accueilli ses six premières éditions, de 2010 à 2015.

Les Français participent eux aussi à l’aventure. En 2015, six qualifiés PMU Poker prennent la direction du Hard Rock, parmi lesquels Jean-Michel Ploch et Jamel El Bachiri, tous deux présents au Day 2. De quoi rappeler que cette histoire s’écrit aussi avec les amateurs venus de l’Hexagone, un package décroché en ligne et quelques ambitions glissées dans la valise.

Des festivals qui ne se résument pas au Main Event

Dans les archives du Hard Rock, le Poker Classic occupe une place centrale, sans être la seule ligne au programme. Le Punta Cana Tower Fest apparaît ainsi dès mai 2014, avec une victoire du Brésilien Márcio Gomes.

Le calendrier du Poker Classic 2014 montre aussi un festival déjà diversifié : tournois turbo en soirée, Second Chance, High Roller, Pot-Limit Omaha et même Open Face Chinese Poker. Une photographie assez fidèle de l’époque, lorsque le poker chinois ouvert trouvait sa place dans les programmes et entre deux sessions.

En novembre 2015, le Caribbean Poker Tour est également de la partie. Aux côtés du Poker Classic à 1.650 $, un Main Event CPT à 900 $ couronne Arturo Morales. Des Turbo Survivor, un High Roller et un tournoi de clôture complètent l’affiche. Le séjour peut se construire autour de plusieurs compétitions, avec des portes d’entrée différentes selon les bankrolls.

2016 : Farrell prend le WPT, Quenneville prend le reste

Le changement de dimension le plus spectaculaire intervient en novembre 2016. Le Hard Rock accueille la Caribbean Poker Party, avec deux rendez-vous majeurs : le WPT Caribbean à 5.000 $ et le partypoker Million à 2.750 $.

Du 19 au 23 novembre, le tournoi du World Poker Tour réunit 323 entrées. Niall Farrell s’impose et inscrit son nom sur la Champions Cup. Sa récompense officielle atteint 335.000 $, dont un ticket de 15.000 $ pour le Tournament of Champions.

Niall Farrell

Son dauphin, le Canadien Troy Quenneville, empoche 220.000 $. Mais il lui reste encore un tournoi à terminer avant de songer au retour.

L’histoire du Canadien aurait déjà mérité quelques lignes. Elle est pourtant loin d’être terminée. Le 25 novembre, il remporte le partypoker Million devant Erik Cajelais, dans un tournoi de 526 entrées, et ajoute 400.000 $ à son séjour. Deux finales, une victoire, 620.000 $ de gains cumulés.

Le détail qui rend la séquence encore meilleure ? Avant cette semaine au Hard Rock, sa fiche de résultats live ne comptait que deux places payées, pour 559 $. Le joueur était déjà aguerri en ligne ; Punta Cana se charge de lui donner une tout autre visibilité en live.

Côté français, Jean-Luc Adam se fait également remarquer en terminant chipleader du Day 1B. Son parcours s’arrêtera avant les places payées, mais son nom aura figuré tout en haut du classement provisoire de cette étape dominicaine. Un petit accent tricolore dans une semaine largement dominée par les Britanniques et les Canadiens.

Au Meliá aussi, les jetons racontent des histoires

L’histoire du poker à Punta Cana déborde toutefois des murs du Hard Rock. En 2016, le Poker Classic déménage au Meliá Caribe Tropical, où il revient en 2017. Le Letton Eduards Kudrjavcevs remporte la première de ces deux éditions.

En novembre 2017, c’est également au Meliá que la Caribbean Poker Party installe ses tables. Son Main Event MILLIONS à 5.300 $ réunit 1.061 entrées et couronne Sam Greenwood pour 1.000.000 $.

Durant la semaine, Adrian Mateos, Rainer Kempe et Chris Hunichen remportent eux aussi des épreuves. À ce stade, la destination possède plusieurs pages de palmarès susceptibles de faire rêver les voyageurs.

Les Français sont encore du voyage : Gilbert Diaz termine 32e pour 30.000 $, Adrien Delmas 56e pour 22.500 $ et Barbara Martinez 101e pour 10.000 $. Delmas participe alors aussi à la Top Shark Academy de Winamax : entre sélection en ligne et escapade dominicaine, son agenda poker est déjà bien rempli.

La scène locale propose également d’autres formats. En 2021, nous présentions les Caribbean Latin Series of Poker au Casino Palma Real⁠, dont le programme annonçait 77 tournois et un Main Event à 880 $. Une autre manière de faire vivre l’association entre poker et séjour dominicain.

Le Hard Rock prépare son chapitre WSOP en 2027

Le prochain rendez-vous du Hard Rock s’inscrit dans cette longue histoire. Avant même les WSOP, la finale du Suprema Poker Tour est annoncée du 2 au 7 décembre 2026, avec notamment un Main Event à 500 $ doté de 100.000 $ garantis.

Puis, du 24 janvier au 2 février 2027, le WSOP Super Circuit LATAM fera ses débuts dans l’établissement. Dix jours de compétition, 18 épreuves à bague et un Main Event à 3.500 $ doté de 2.000.000 $ garantis : le programme présenté dans notre article consacré à cette première édition⁠ donne au Hard Rock une nouvelle affiche internationale.

Proposé à 7.500 $, le package comprend le ticket à 3.500 $ pour le Main Event, dix nuits d’hôtel en occupation simple ou double, en formule tout compris, ainsi que 200 $ de crédits par jour, soit 2.000 $ sur l’ensemble du séjour. Une fois le buy-in déduit, la part consacrée à l’hôtel représente 4.000 $. Si les crédits sont intégralement utilisés, le coût effectif revient à l’équivalent de 2.000 $ pour dix nuits, soit 200 $ par nuit en tout compris. De quoi mesurer l’intérêt de l’offre : à cette période, le tarif habituel annoncé atteint 800 $ la nuit.

Ce sera le premier événement officiel WSOP accueilli par le resort. Les titres décernés seront ceux du Circuit, avec ses bagues en or. Pour l’établissement, l’enjeu consiste désormais à inscrire ce nouveau rendez-vous dans la durée.

Car les précédents donnent de la matière, pas une fréquentation acquise. Le Poker Classic a construit ses habitudes au fil des éditions ; le WPT et partypoker ont ensuite apporté leurs champions et leurs grands rendez-vous. Aux WSOP de convaincre une nouvelle génération de joueurs de faire le voyage.

Doyle Brunson avait accompagné les débuts. Ari Engel, Niall Farrell et Troy Quenneville ont laissé leur nom dans les résultats du Hard Rock. En janvier, les prochains visiteurs pourront ajouter à leurs bagages un souvenir qui prend peu de place : une bague.