De Dublin à Marrakech : l’esprit Irish Open s’invite au Maroc

Né en 1980 de la rencontre entre un bookmaker irlandais et le poker de Las Vegas, l’Irish Open a bâti sa réputation sur un mélange de compétition et de convivialité. Du 10 au 15 novembre 2026, le Casino de Marrakech accueillera pour la première fois cette institution européenne. Dans les bagages : une histoire de pionniers, un goût des grandes tablées et une certaine idée du poker.

Un tournoi se raconte avec des chiffres. Un festival, aussi avec les souvenirs que les joueurs en rapportent. Depuis plus de quarante ans, l’Irish Open travaille les deux registres : un titre qui compte dans un palmarès et une semaine que l’on a envie de retrouver l’année suivante.

En novembre, cette tradition prendra ses quartiers au Casino de Marrakech, au sein du Es Saadi Marrakech Resort. Après une première étape internationale à Sydney en septembre, le rendez-vous irlandais poursuit son voyage. Pour comprendre ce qui arrive au Maroc, il faut remonter à une époque où le Texas Hold’em avait encore presque tout à conquérir en Europe.

Terry Rogers, le bookmaker qui regardait vers Vegas

À l’origine, il y a Terry Rogers. Ce bookmaker dublinois organisait déjà des tournois dans les années 1970, lorsque le Stud et le poker fermé occupaient une place bien plus importante sur le continent. Son passage aux World Series of Poker en 1979 et sa rencontre avec Benny Binion vont lui donner une autre idée de ce que peut devenir le jeu.

Rogers rentre en Irlande convaincu par le No Limit Hold’em. En 1980, l’Irish Open voit le jour. La première championne s’appelle Colette Doherty, une pionnière qui remportera de nouveau le tournoi en 1991. Le plus ancien tournoi de No Limit Hold’em d’Europe commence ainsi son histoire avec une femme au sommet.

Rogers possède aussi un précieux carnet d’adresses. Doyle Brunson, Chip Reese et Amarillo Slim font partie des légendes américaines qui traversent l’Atlantique pour jouer en Irlande. Ces visites donnent au tournoi une dimension internationale bien avant l’apparition des grands circuits modernes.

Après la disparition de Rogers en 1999, Liam Flood, lui-même double vainqueur de l’épreuve, assure la continuité. L’Irish Open traverse les époques avec ses figures, ses habitués et un trophée dont la valeur dépasse déjà la somme inscrite sur le chèque.

Un grand tournoi qui garde une place pour les amateurs

Une autre bascule intervient en 2016. Paul O’Reilly et JP McCann reprennent les commandes et abaissent le buy-in du Main Event à 1.150 €, avec une garantie de 500.000 €. Le choix est déterminant : conserver le prestige de l’affiche tout en permettant à davantage de joueurs de s’asseoir.

Irish Open 2026

Comme le rappelle Les Enjeux dans son retour sur l’histoire du festival, cette relance ouvre une nouvelle période de croissance. Le Main Event passe de 2.491 entrées en 2023 à 3.233 en 2024, puis 4.562 en 2025.

Cette dernière édition couronne Simon Wilson, jeune champion irlandais de 22 ans. Un succès à domicile qui ajoute un visage et une histoire à la montée des chiffres.

En avril 2026, le Main Event franchit un nouveau cap : 5.003 entrées, pour un prizepool de 4.852.910 €. Le Roumain Narcis Nedelcu s’impose et remporte 336.790 € après un deal à cinq.

La finale offre aussi l’une de ces trajectoires qui donnent envie de tenter un satellite. Francesco Gisolfi, qui travaille dans un café à Salerne, s’était qualifié sur PokerStars pour 10 €. Il termine sixième pour 105.070 €. À côté des réguliers rompus aux grands rendez-vous, le joueur venu chercher son tournoi de l’année conserve toute sa place.

Le « craic », cette autre partie du programme

L’identité de l’Irish Open tient dans un mot : craic. La conversation, les rires, la musique, le plaisir de se retrouver. Une convivialité qui possède même son adresse dans le festival dublinois : le Craic Den.

En 2026, ce salon des joueurs proposait concerts, karaoké et compétitions ludiques, avec aussi des échecs et du baby-foot pour les moments plus calmes. On pouvait y prolonger la soirée ou simplement faire une pause entre deux sessions.

Ce lieu dit beaucoup de la philosophie du festival. Le joueur éliminé a encore une raison de rester. Celui qui découvre l’événement peut rencontrer d’autres participants. Les retrouvailles ont leur place dans le programme, au même titre que le prochain tournoi.

La devise maison résume cette promesse : « Come for the poker, stay for the craic. » Venir pour les cartes, rester pour l’ambiance. C’est cet accueil que les organisateurs veulent désormais faire découvrir à d’autres publics.

Sydney, Marrakech : le trèfle prend le large

L’annonce du développement international intervient le 3 avril 2026, pendant le Main Event à Dublin. Les premières destinations sont dévoilées sur les écrans de la salle : Sydney, Marrakech et les États-Unis, ces derniers étant annoncés pour 2027.

Depuis, le premier chapitre s’est joué. À Sydney, le Main Event a réuni 515 entrées et couronné Jarrod Thatcher, récompensé par 155.100 dollars australiens après un accord à cinq.

Jarrod Thatcher

Marrakech devient donc la deuxième étape internationale de cette nouvelle aventure. Le rapprochement a du sens : un festival qui accorde une grande importance au séjour rencontre une destination où les joueurs ont depuis longtemps pris l’habitude de mêler tournois et vacances.

Les Enjeux souligne également l’intérêt de cette rencontre pour le casino marocain : toucher davantage le public irlandais et britannique qui fréquente Dublin, aux côtés de sa clientèle francophone. L’enjeu sera de créer ces nouvelles habitudes de voyage tout en préservant ce qui fait revenir les fidèles de l’Irish Open.

Au Es Saadi, une nouvelle histoire à partager

Le Casino de Marrakech dispose déjà de solides références. Début octobre, Maxime « Dabou » Parys y remportait un Unibet Open record à 853 entrées. L’arrivée du trèfle irlandais ajoute une nouvelle signature à une salle habituée aux rendez-vous internationaux.

Du 10 au 15 novembre, le programme annonce 36 événements, satellites compris. Le Main Event à 12.500 MAD, présenté autour de 1.155 € sur le programme de l’Irish Open, proposera quatre flights, 50.000 jetons au départ et des niveaux de 40 minutes sur les trois premières journées d’entrée. Un dernier flight turbo complétera les possibilités de qualification, avant une finale prévue le dimanche 15 novembre.

Autour de lui, le Mini Irish Open, le Hendon Mob Championship, les épreuves de PLO, les tournois Ladies et Seniors ainsi que les High Rollers permettront de composer sa semaine. Les joueurs français peuvent également retrouver notre présentation des qualifications Winamax accessibles dès 10 €.

Entre Dublin et Marrakech, le décor changera. Le plaisir de retrouver des visages connus, de découvrir un voisin de table et de raconter une main au dîner devrait, lui, voyager sans difficulté. C’est peut-être la meilleure carte de l’Irish Open : avoir compris qu’un festival réussi donne envie de revenir avant même de savoir qui l’a gagné.

Pour préparer le voyage et réserver : consultez le site officiel de l’Irish Open Marrakech et les formules officielles de séjour et la demande de réservation du Casino de Marrakech. Une formule associe notamment six nuits d’hôtel à l’entrée du Main Event, sous réserve de confirmation par le casino. Les buy-ins sont réglés en dirhams ; les montants en euros sont indicatifs.