Vingt-trois ans après avoir remporté le Main Event des WSOP, Chris Moneymaker a rencontré Lucas Jumalon, le jeune chipleader de l’édition 2026. Ses conseils ne concernent pas seulement le poker : argent, amis, parties privées et contrats commerciaux sont au cœur de cette conversation entre deux joueurs aux parcours étonnamment similaires.
Lucas Jumalon connaissait naturellement l’histoire de Chris Moneymaker. L’inverse n’était pas vrai. Le champion du monde 2003, qui reconnaît ne jamais regarder de poker, n’avait jamais entendu parler du joueur de 22 ans avant leur rencontre organisée par PokerOrg.
Les deux Américains partagent pourtant plusieurs points communs. Ils ont atteint la table finale du Main Event dans leur vingtaine, avec une énorme avance et sans avoir encore obtenu de résultat majeur. Moneymaker avait ensuite remporté 2,5 millions de dollars en 2003. Jumalon est déjà assuré de recevoir un million et pourrait en décrocher dix.
APPRENDRE À DIRE NON
Dans cet entretien publié par PokerOrg, Moneymaker commence par prévenir Jumalon des nombreuses demandes d’argent qui pourraient rapidement arriver.
Selon lui, le jeune joueur devra apprendre à refuser, y compris lorsque les sollicitations viennent de proches ou d’amis rencontrés dans le poker. Tenter de financer le train de vie de son entourage serait l’un des meilleurs moyens de dilapider rapidement ses gains.
Le champion 2003 conseille donc de séparer clairement amitié et argent, sans pour autant rompre les liens avec les personnes qui accompagnaient Jumalon avant son parcours aux WSOP.
SE MÉFIER DES PARTIES PRIVÉES
Une victoire dans le Main Event entraîne également de nombreuses invitations dans des parties privées. Moneymaker recommande à Jumalon de continuer à fréquenter les tournois et les tables qu’il connaît déjà, au moins pendant les premiers mois.
Il l’alerte notamment sur la présence possible de joueurs mal intentionnés et sur les risques de triche dans certaines parties organisées en dehors des circuits habituels. Une notoriété nouvelle et une bankroll devenue publique peuvent rapidement transformer un jeune champion en cible.
NE PAS CHANGER IMMÉDIATEMENT DE VIE
Après son succès en 2003, Moneymaker raconte être retourné travailler dès le lundi suivant. Il conseille à Jumalon de prendre le temps de mesurer les conséquences d’un gain aussi important, d’acheter une maison raisonnable et surtout de placer son argent.
Son avertissement le plus spectaculaire concerne les tournois High Rollers : « Ne va pas jouer les Triton. » Derrière la formule, Moneymaker rappelle qu’une fortune de dix millions de dollars peut fondre rapidement lorsque les droits d’entrée atteignent plusieurs dizaines, voire centaines de milliers de dollars.
FAIRE PAYER SA NOUVELLE NOTORIÉTÉ
Le champion 2003 invite enfin Jumalon à comprendre la valeur commerciale que représenterait un titre mondial. Voyages, apparitions, invitations et participations à des tournois peuvent être financés par des partenaires.
Moneymaker explique avoir protégé son capital en négociant ses participations et ses déplacements. Si Jumalon devient champion, il lui recommande de ne pas accepter gratuitement toutes les sollicitations et de demander la prise en charge de ses frais, voire une rémunération pour certaines apparitions.
Lucas Jumalon abordera la table finale avec 194 millions de jetons, soit 129 blindes. Il possède plus du double du tapis de son premier poursuivant, Rami Hammoud. Reste désormais à savoir s’il suivra les traces de Moneymaker jusqu’au bracelet… puis ses conseils une fois le tournoi terminé.
