C’est l’une des opérations les plus importantes de ces dernières années dans l’industrie française des jeux d’argent. Banijay Group, propriétaire de Betclic, a officialisé le rachat du groupe JOA, numéro deux des casinos en France, auprès des fonds Blackstone et Kings Park Capital.
Avec cette acquisition, Banijay Gaming met la main sur un réseau de 33 casinos répartis sur l’ensemble du territoire, représentant plus de 4,6 millions de visiteurs annuels, près de 2 000 salariés et un produit brut des jeux de 430 millions d’euros en 2025.
Une nouvelle étape pour Betclic
Déjà solidement installé parmi les leaders européens des paris sportifs et du poker en ligne, Betclic renforce désormais sa présence dans les établissements physiques.
L’objectif affiché est clair : rapprocher les univers du digital et du casino traditionnel afin d’offrir un parcours unique aux joueurs.
Le scénario est déjà dessiné. Les qualifications des grands tournois de poker pourraient être organisées en ligne sur Betclic Poker avant de se conclure dans les casinos JOA, créant ainsi un véritable pont entre les deux environnements.
Cette stratégie rappelle les modèles déjà développés par plusieurs grands opérateurs internationaux, où satellites en ligne et festivals live fonctionnent en parfaite complémentarité.
Une vision du casino qui évolue
Le rachat intervient dans un contexte où les casinos français ont profondément transformé leur modèle économique.
Ces dernières années, JOA a consacré près de la moitié de la surface de ses établissements à des activités de restauration, des bars, des salles de spectacles ou encore des bowlings. Une évolution destinée à attirer une clientèle plus large et à faire du casino un véritable lieu de loisirs.
Cette stratégie correspond parfaitement à la vision défendue par Banijay Gaming, qui considère que l’expérience physique conserve une place essentielle malgré la progression continue du jeu en ligne.
Un acteur qui change de dimension
Depuis son rapprochement avec Betclic en 2022, Banijay s’est imposé comme un acteur majeur du divertissement mondial.
À côté de ses activités audiovisuelles, le groupe a considérablement renforcé sa branche gaming avec Betclic puis, plus récemment, l’acquisition de Tipico, l’un des leaders du pari sportif en Allemagne et en Autriche.
Le groupe revendique désormais plus de 5,4 millions de joueurs actifs et affiche une ambition assumée : intégrer le Top 5 mondial des opérateurs de jeux d’argent d’ici 2030.
Le rachat de JOA constitue une nouvelle étape dans cette stratégie de croissance.
Quel impact pour le poker français ?
Pour les joueurs de poker, cette opération pourrait ouvrir de nouvelles perspectives.
Betclic dispose déjà d’une des principales plateformes de poker en ligne du marché français. L’arrivée d’un réseau de 33 casinos offre désormais la possibilité d’organiser davantage de festivals live, de multiplier les étapes régionales et de créer un véritable écosystème reliant les tournois qualificatifs en ligne aux compétitions disputées en casino.
À terme, cette complémentarité pourrait renforcer l’offre française face à une concurrence européenne de plus en plus structurée.
Un marché en pleine mutation
Le secteur français des casinos continue d’évoluer sous un régime de délégation de service public, tandis que les jeux de casino en ligne (machines à sous, roulette ou blackjack) demeurent interdits en France.
Dans ce contexte réglementaire, disposer simultanément d’un leader du jeu en ligne et d’un important réseau de casinos physiques constitue un avantage stratégique considérable.
Le rachat doit encore obtenir les autorisations réglementaires et devrait être finalisé au second semestre 2026. Laurent Lassiaz restera président de JOA avec son équipe dirigeante. Banijay Gaming entend accélérer le développement du groupe grâce à son expertise en technologie, intelligence artificielle et exploitation des données, tout en faisant du jeu responsable l’un des piliers de sa stratégie.
Avec cette acquisition, Banijay Gaming confirme sa volonté de bâtir un modèle où le digital et le terrestre ne s’opposent plus, mais se complètent. Une orientation qui pourrait durablement transformer le paysage français des jeux d’argent et du poker.
