Veillée depuis de longues années par Loïc Xans puis repérée par Grégory Chochon et les WSOP, elle est actuellement la seule française à travailler comme réalisatrice pour les WSOP. On découvre aujourd’hui Sabrina « Léviathan » Agnelet, une des nouvelles pépites de la création de contenu.
Qu’est-ce qui a été le déclic pour toi de te lancer dans l’univers du poker, et surtout côté réalisation ?
Mon premier contact réel avec le poker s’est fait lorsque j’ai filmé le documentaire « Pour la Gloire », diffusé sur la chaîne « Dans le Carré Poker ». En étant plongée au cœur de l’environnement des joueurs, j’ai découvert une intensité psychologique et des émotions très particulières à cet univers. C’est ce mélange de tension, de parcours personnels et de moments décisifs qui m’a donné envie de le raconter en images.
Comment es-tu passée de tes premiers projets à travailler sur des productions liées aux WSOP ?
Après « Pour la Gloire », j’ai continué à développer du contenu dans l’univers du poker. Mais ce qui a réellement changé le cours de mon parcours, c’est ma rencontre avec Gregory Chochon, qui m’a progressivement amenée à collaborer sur des productions liées aux World Series of Poker. Les WSOP représentent l’événement le plus emblématique du poker au niveau mondial. Travailler sur ces productions m’a permis d’évoluer dans un environnement international et de contribuer à raconter certains des moments les plus importants du circuit.

Quel a été le plus grand défi que tu as rencontré en tant que jeune réalisatrice dans un milieu majoritairement masculin ?
Le défi principal a été de trouver ma place dans un environnement où les postes techniques et créatifs sont encore largement masculins. Mais très vite, j’ai compris que la meilleure manière de s’imposer était simplement de faire du bon travail et d’être quelqu’un de fiable. Lorsque les projets fonctionnent et que les images parlent d’elles-mêmes, la légitimité s’installe naturellement.
Quelles innovations as-tu apportées à la réalisation dans l’univers du poker ?
J’ai toujours essayé d’apporter une approche plus narrative et cinématographique. Au lieu de simplement montrer des mains de poker, je m’intéresse aux joueurs, à leurs émotions et à toute l’énergie qui en découle. J’essaie de montrer différentes facettes du jeu tout en restant simple dans la narration et le montage, ce qui rend l’expérience, je pense, beaucoup plus immersive pour le spectateur.
Comment gères-tu la pression de retransmettre des moments de poker suivis par des fans du monde entier ?
La pression fait partie du travail, surtout quand on filme des événements aussi importants que les WSOP. Mais c’est aussi ce qui rend ces moments si uniques. Dans mon rôle de réalisatrice, productrice et monteuse, je dois rester concentrée pour capturer l’instant juste : la décision, la réaction, le moment où un joueur ou une joueuse entre dans l’histoire.
Y’a-t-il un moment précis dont tu es particulièrement fière ?
I
l n’y a pas vraiment un moment précis. Je pense que je suis surtout fière de contribuer, à mon échelle, au développement de ce qui est la marque la plus emblématique du poker mondial : les WSOP.
Quel conseil donnerais-tu aux jeunes femmes qui aspirent à travailler dans le poker ou l’audiovisuel ?
Je leur dirais de créer leurs propres opportunités. Aujourd’hui, il est possible de produire et de diffuser du contenu avec des moyens relativement accessibles. Ce qui fait la différence, c’est la vision et la persévérance. Il y aura toujours quelqu’un de meilleur que soi, mais le plus important est de continuer à progresser et à aller de l’avant.
Comment parviens-tu à conserver ton authenticité tout en travaillant sur des événements d’une telle ampleur ?
Je crois que j’ai un certain détachement vis-à-vis de tout ça, et c’est justement ce détachement qui me permet de rester authentique. Finalement, ce qui m’importe vraiment, c’est d’apporter des idées neuves et de montrer que le poker, ce n’est pas que des cartes : ce sont aussi des émotions. Donc peu importe l’ampleur de l’événement, je reste moi-même.

Quelle est ta vision pour l’avenir de la réalisation dans le poker ?
Je pense que l’avenir passe par des formats de production de contenu encore plus cinématographiques et immersifs. Le poker peut parfois paraître lent à l’écran, et je crois qu’il est important d’y apporter quelque chose en plus. Cet univers possède un potentiel narratif immense, et il y a encore beaucoup de choses à explorer dans la manière de raconter ce sport.
À quel moment t’es-tu dit que ton travail avait vraiment eu un impact dans ce milieu ?
Je ne pense pas qu’on se le dise sur le moment. Mais quand on voit que certains projets trouvent un écho dans la communauté ou inspirent de nouvelles initiatives, on réalise que le travail peut contribuer à faire évoluer la manière dont le poker est raconté et perçu.
