La justice a rendu son verdict dans l’affaire du Cercle Cadet, ancien haut lieu du poker parisien fermé en 2014. Ce mardi 20 janvier, le tribunal correctionnel de Paris a condamné l’ensemble des onze prévenus poursuivis dans ce dossier mêlant abus de confiance, abus de biens sociaux et blanchiment en bande organisée, sur fond de soupçons de banditisme corse.
Ouverte il y a plus de dix ans, la procédure visait la gestion du cercle entre 2010 et 2014. À l’issue d’un procès tenu à l’automne 2025, le tribunal a prononcé des peines globalement inférieures aux réquisitions, tout en retenant la culpabilité de chacun selon son degré d’implication.
Serge Kasparian au cœur du dossier
Ancien dirigeant officiel du cercle, Serge Kasparian a été condamné à quatre ans de prison dont trois avec sursis, assortis de 150 000 euros d’amende. Il a été reconnu coupable d’abus de confiance, d’abus de biens sociaux et de blanchiment en bande organisée.
Les juges ont retenu que les détournements de fonds provenaient notamment des recettes liées au poker, de circuits financiers parallèles et des revenus du bar du cercle. Ses deux fils ont également été condamnés à des peines de prison avec sursis.
Jean-François Federici condamné à deux ans ferme
Présenté comme un acteur central du dossier, Jean-François Federici a été condamné à deux ans de prison ferme et 150 000 euros d’amende pour association de malfaiteurs et recel d’abus de confiance. Il a en revanche été relaxé du chef d’extorsion.
Deux autres prévenus, soupçonnés d’avoir servi d’intermédiaires, ont écopé de deux ans de prison avec sursis pour association de malfaiteurs, également sans condamnation pour extorsion.
Une page judiciaire se tourne
Les autres personnes poursuivies ont été condamnées à des peines allant jusqu’à trois ans de prison avec sursis, tandis qu’un ancien salarié du cercle a bénéficié d’une dispense de peine.
Ce verdict marque l’un des derniers épisodes judiciaires majeurs liés aux anciens cercles de jeux parisiens, longtemps considérés comme des structures propices aux dérives financières. Une page se tourne définitivement pour une époque révolue du poker parisien, désormais encadré par le régime des clubs de jeux.
