Dans l’imaginaire collectif, les chiffres affichés sur The Hendon Mob font rêver. Des dizaines de millions de dollars encaissés, des trophées prestigieux et une place au sommet du poker mondial. Mais la réalité économique du très haut niveau est souvent plus nuancée. Stephen Chidwick, l’un des joueurs les plus respectés de la scène high stakes, vient de lever un coin du voile.
Sur Reddit, le Britannique – fort de 76 millions de dollars de gains en tournois live – a répondu sans détour à une question que beaucoup se posent : combien de cet argent est réellement du profit ? Sa réponse a surpris par sa franchise. Chidwick estime que son bénéfice net se situe entre 5 et 10 millions de dollars, sans pouvoir donner un chiffre exact.
Un rappel brutal des réalités du circuit. Buy-ins cumulés à six ou sept chiffres par an, frais de déplacement, fiscalité, partage d’action avec d’autres joueurs ou investisseurs : les montants affichés ne disent rien de ce qu’il reste réellement dans la poche. Comme l’avait déjà souligné Daniel Negreanu, les gains des high rollers peuvent parfois n’être qu’un « mirage ».
Dans ce contexte, la performance de Chidwick prend encore plus de relief. Régulier depuis plus d’une décennie, double vainqueur de bracelet WSOP, multiple titré sur le PokerGO Tour et sur Triton Poker, il figure aujourd’hui parmi les joueurs les plus rentables de l’histoire moderne du poker. Une exception plus qu’une règle. Beaucoup de joueurs affichant des carrières à huit chiffres finissent, une fois les comptes faits, à l’équilibre… voire en déficit.
Au-delà des chiffres, Chidwick a également livré une réflexion intéressante sur l’évolution du jeu. Selon lui, l’ère des solveurs a parfois relégué au second plan une compétence clé : la capacité à construire des ranges et à raisonner « from first principles », en tenant compte des dynamiques humaines que les simulations ne capturent pas toujours. Une approche intuitive qu’il continue de travailler, même loin des coups joués.
Deuxième au classement all-time des gains live, juste derrière Bryn Kenney, Stephen Chidwick poursuit désormais un autre objectif : réduire l’écart et viser la première place. Mais à l’entendre, au sommet du poker mondial, la vraie victoire ne se mesure pas uniquement en millions affichés, mais en longévité, discipline… et profit réel.
