Il y a des trajectoires qui laissent songeur. Celle de Boris Becker, triple vainqueur de Wimbledon et six fois titré en Grand Chelem, en fait incontestablement partie. Condamné en 2022 pour fraude fiscale au Royaume-Uni, l’Allemand a passé huit mois derrière les barreaux avant d’être libéré. Et dans son nouveau livre, Inside, l’ancien champion raconte une anecdote qui illustre la dure réalité de la prison : un simple coup de cartes qui aurait pu mal tourner.
Le poker comme échappatoire… et piège
Pour tromper l’ennui, Becker s’est laissé tenter par des parties de poker avec ses codétenus. Rien d’étonnant pour celui qui, après sa carrière de tennisman, avait endossé un rôle d’ambassadeur pour une grande room en ligne. Mais cette fois, les adversaires n’étaient ni des grinders, ni des fans de cartes, mais des prisonniers bien réels, certains issus du grand banditisme.
Une partie de trop lui a coûté 500 £, une dette contractée auprès de détenus roumains qui ne plaisantaient pas avec les règlements de comptes. Menacé dans sa cellule, Becker a dû faire appel à un ami à l’extérieur pour régler la somme et éviter que l’histoire ne prenne une tournure dramatique.
“J’avais joué au poker de manière professionnelle après ma carrière de tennis, je me disais ‘que pouvait-il arriver ?’ Mais j’étais face à de vrais criminels qui m’ont menacé si je ne payais pas”, confie-t-il au SZ-Magazin.
Le quotidien derrière les murs
Au-delà des cartes, Becker décrit une vie carcérale qui l’a marqué durablement : nuits glaciales passées en survêtement, parfois emmitouflé dans deux vestes et une serviette autour de la tête, sept kilos perdus en un mois et des cris incessants qui rendaient le sommeil presque impossible. “La prison mange ton âme et fait bouillir ton esprit”, écrit-il.
Des gains dérisoires au regard de sa carrière
Côté poker, Becker n’a jamais brillé par ses résultats, même s’il affiche 117 140 $ de gains live, selon les données officielles. Un chiffre minuscule comparé à ses 25,1 millions de dollars cumulés sur le circuit ATP. Mais ces tournois avaient au moins l’avantage de se terminer sans menaces dans les couloirs.
