En quelques années, Arnaud Enselme s’est imposé comme l’un des joueurs français les plus réguliers de sa génération. Bracelet WSOP Online, finale EPT, deep runs à Vegas… le membre du Team Pro Unibet n’a jamais cessé de gravir les échelons depuis son arrivée sur le circuit en 2017. Avec une envie d’optimiser chaque détail de son jeu, il se prépare à une rentrée intense. Et parmi les étapes marquantes de son calendrier, une date revient toujours avec un sourire : l’Unibet DeepStack Open Marrakech, qui se jouera du 12 au 21 septembre au Es Saadi Resort, véritable écrin du poker en Afrique du Nord et désormais étape incontournable du calendrier mondial. Rencontre avec un compétiteur qui ne cache pas son impatience.
Arnaud, tu reviens d’un Vegas chargé en émotions. Quel bilan tires-tu de ton été ?
Clairement positif. J’ai eu la chance de deep run plusieurs tournois, dont le 5 000 $ Six-Max WSOP où je termine 15e pour 50 000 $. C’est énorme en termes d’expérience, même si ça laisse toujours un goût d’inachevé quand tu te rapproches d’une table finale. J’ai aussi deep run le Main Event pour la première fois, ce qui est un moment spécial dans la carrière d’un joueur. Globalement, j’ai beaucoup appris et je repars avec l’envie de transformer ces opportunités en gros résultats à l’avenir.
Quelle est la performance la plus marquante de ta carrière à ce jour ?
Je dirais ma finale EPT à Monte-Carlo. Pour moi, l’EPT reste le circuit le plus prestigieux, au-dessus même des WSOP. C’est l’endroit où j’ai ressenti les émotions les plus fortes, mais aussi beaucoup de frustration : je pensais être prêt à gagner, et en réalité, j’ai mal géré le stress d’un tournoi qui dure une semaine complète. Ça m’a ouvert les yeux sur le travail qu’il me restait à accomplir pour être performant en live.

Et puis il y a eu les Bahamas, sur un tournoi WSOP, où j’ai partagé une table finale avec Maxime Parys, mon premier pote dans le poker. C’était un moment unique : on s’est retrouvés côte à côte, à jouer un énorme tournoi, et au-delà du résultat financier, c’était un souvenir fort humainement.
Tu fais partie du Team Pro Unibet depuis plusieurs années. Que représente ce partenariat pour toi ?
C’est une fierté. Quand on commence à 20 ans, on rêve tous d’un sponsor, et vivre ça au quotidien, c’est une vraie chance. Ce partenariat m’apporte beaucoup de stabilité, financière mais aussi émotionnelle.

Et puis faire partie d’une équipe avec Alexandre et Aurélie Reard, c’est motivant. On est complémentaires : Alex, c’est la régularité et l’excellence live, Aurélie fait un travail énorme sur la communication et le contenu, et moi je suis très présent sur online, sur les différents formats. Ça crée une belle synergie.
Tu seras à Marrakech en septembre pour l’UDSO. Qu’est-ce que ce festival représente pour toi ?
Marrakech, c’est spécial. Déjà, c’est une destination qui fait rêver. On joue au poker, mais on est aussi dans un cadre incroyable : les jardins du Es Saadi, les piscines, le soleil… ça change tout. C’est une des raisons pour lesquelles l’UDSO Marrakech est toujours un moment attendu.

Le programme est top : deux High Rollers et un Main Event qui reste l’un des plus beaux du circuit. C’est un des deux plus gros UDSO de l’année avec Annecy, et je vais vraiment concentrer mon énergie sur ces tournois. J’ai déjà signé de beaux résultats à Marrakech, et j’aimerais bien confirmer cette année.
Justement, tu as déjà performé à Marrakech. Quels souvenirs en gardes-tu ?
L’an dernier, j’avais tout simplement vécu une semaine parfaite : une victoire sur un side event, une deuxième place sur un autre et un deep run solide sur le Main Event. Ce genre de festival te redonne confiance et te permet d’arriver dans les gros tournois avec un mental positif.

Et puis au-delà du poker, Marrakech, c’est une ambiance. J’ai testé plusieurs restos, j’ai toujours bien mangé, et surtout j’aime passer du temps au Es Saadi. L’endroit est à la fois vivant et paisible. Quand tu es dans les jardins ou près de la piscine, tu coupes complètement du grind, et ça permet d’équilibrer la semaine.
Le poker online s’accélère avec des formats rapides. Le live doit-il s’adapter ?
Je pense qu’il faut un équilibre. Online, c’est logique que des formats plus rapides existent : ça donne une vraie chance aux amateurs et ça garde le jeu fun. Mais en live, il faut conserver des structures deep pour les Main Events. C’est ça qui fait la magie d’un tournoi live : le temps, l’endurance, la gestion de la pression. Autour, bien sûr, on peut proposer des tournois plus rapides pour que chacun trouve son compte.
Quels sont tes objectifs pour la rentrée ?
On enchaîne : Barcelone, Marrakech, puis Malte. Mon seul objectif, c’est de jouer mon meilleur poker, d’être à 100 % à chaque tournoi. Mais je veux être prêt techniquement, mentalement, et donner le meilleur.
Quels joueurs t’inspire aujourd’hui ?
Alexandre Reard, évidemment. Sa carrière parle d’elle-même : partir de tournois modestes à Paris pour devenir l’un des meilleurs joueurs français de tous les temps, c’est un parcours que beaucoup aimeraient reproduire. Arthur Conan aussi, qui reste selon moi le meilleur Français online ces dernières années. Et puis Thomas Santerne, dont le parcours est inspirant parce qu’il a su transformer un passé compliqué en une belle réussite. Ce sont trois profils différents, mais tous impressionnants.
Rendez-vous du 12 au 21 septembre au Es Saadi Marrakech Resort pour suivre Arnaud Enselme lors de l’Unibet DeepStack Open, festival incontournable de la rentrée.
Photo de Une : copyright PokerStars
