Elle avait le regard affûté des grands raconteurs d’histoires, le calme des joueuses qui en ont vu d’autres, et ce petit quelque chose d’inclassable qui transforme une partie en roman. Jane Hitchcock, romancière à succès, figure du tout-New York et régulière des tournois de la côte Est, s’est éteinte à 78 ans.
Son nom résonnait autant dans les cercles littéraires que dans les travées du Maryland Live! ou du MGM National Harbor. En une douzaine d’années, elle avait amassé près de 290 000 $ sur le circuit live, dont un beau deep run au Venetian en 2022 (runner-up pour 57 645 $).
Derrière ses lunettes noires de Park Avenue, il y avait une joueuse à la fois malicieuse et lucide, qui avait trouvé dans le poker une échappatoire après un deuil. “Love the cards and the cards will love you”, disait sa grand-mère. Elle avait pris cette phrase au pied de la lettre.
Pour elle, le poker était un roman noir en perpétuelle réécriture. Elle s’y plongeait avec l’avidité d’une lectrice compulsive et la discipline d’une professionnelle. Son livre Bluff en est le parfait reflet : un thriller au cœur du poker, inspiré de sa propre obsession.
Jane Hitchcock laisse derrière elle des livres, des souvenirs, et une leçon de résilience. Comme elle aimait le rappeler : « Next hand. »
