Il ne parle pas fort, ne fanfaronne pas, mais Scott Seiver est en train d’écrire l’une des plus belles pages de l’histoire du poker moderne. En 2024, le New-Yorkais a survolé la World Series avec trois bracelets, 17 ITM et le titre de Joueur de l’année, devenant le sixième joueur seulement à remporter trois titres lors d’une même édition.
La recette ? Une décision simple, mais radicale : mettre les high stakes cash games de côté, et se concentrer exclusivement sur les tournois, avec un objectif clair dès le mois de mai — gagner le classement POY. L’annonce a été faite sur X, action en vente, confiance maximale. Il a tenu parole.
Trois bracelets, toutes variantes confondues : Omaha Hi-Lo, Razz, et 2-7 No Limit Lowball. Des fields relevés, des tables finales blindées de noms : Nick Schulman, Shaun Deeb, Mike Watson, Jennifer Harman, Jeremy Ausmus… À chaque fois, Seiver a navigué avec calme, patience, et ce soupçon de run qu’il faut pour aller au bout. “Je veux un bracelet dans chaque discipline”, confiait-il après sa troisième victoire. Pour l’instant, mission en cours. Et surtout, aucun autre joueur n’a mieux incarné l’esprit du poker à variantes sur la scène mondiale.
Avec désormais 7 bracelets, il rejoint Negreanu, Baxter, Hennigan. Des légendes. Et lui ? Il ne court pas après la reconnaissance, mais l’histoire commence à le rattraper. À 40 ans, Seiver coche toutes les cases du Poker Hall of Fame : longévité, résultats en tournois et en cash, excellence dans toutes les variantes. “Si ce n’est pas cette année, ce sera plus tard”, dit-il.
Ce qui compte aussi, c’est le jeu. Seiver est un vrai joueur, un pur. Il ne fait pas de bruit, ne cherche pas la lumière. Il joue, il apprend, il progresse. Il aime la compétition, les cartes, la complexité du poker. Il est de cette génération qui a grandi devant ESPN et Moneymaker, qui a explosé online, et qui continue de performer vingt ans plus tard, dans un monde qui a bien changé.
Avec 27 millions $ de gains en live et une 35e place sur la All Time Money List, Seiver n’a plus rien à prouver. Et pourtant, il continue. Parce que ce qui l’anime, ce n’est pas la gloire. C’est le jeu, et ce qu’il lui reste encore à accomplir.
