Dinesh Alt : « Remporter une bague WSOPC à Marrakech a été un moment exceptionnel »

Avec plus de 150 places payées sur HendonMob et une carrière qui l’a mené aux quatre coins du globe, Dinesh Alt fait partie des figures incontournables du circuit. Vainqueur d’une bague WSOPC à Marrakech en 2024, le joueur suisse nous raconte son parcours, son attachement à la ville ocre et ses ambitions pour l’avenir.

Dinesh, pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous raconter comment vous avez découvert le poker ?

Je suis né et j’ai grandi en Suisse. Dès mon plus jeune âge, j’étais passionné par les mathématiques, la physique et la psychologie. J’ai toujours su que je ne suivrais pas un parcours traditionnel. À 15 ans, j’avais déjà lancé ma propre entreprise tout en poursuivant mes études. Rapidement, j’ai compris que l’indépendance me correspondait plus qu’un parcours universitaire. Le poker est entré dans ma vie comme un loisir, puis une alternative plus flexible au business. À 21 ans, j’ai remporté un satellite pour mon premier tournoi live à Sydney, que j’ai fini par gagner pour 230 000 dollars. Ce fut le début de ma carrière.

Parmi vos nombreux deep runs, lesquels vous ont le plus marqué ?

Sans hésiter, ma première victoire à l’ANZPT Sydney, qui a tout déclenché. Trois mois plus tard, je terminais 4e du Main Event de l’APPT Macao, remportant 78 000 dollars. Ces deux performances m’ont donné la confiance et les moyens de me consacrer au poker à plein temps.

La première victoire à Sydney

Revenons sur votre victoire au WSOPC Marrakech 2024. Que retenez-vous de ce succès ?

Après plusieurs années consacrées au online, ce retour sur le circuit live était jouissif. Remporter une bague WSOPC à Marrakech, en présence de mes amis suisses, a été un moment exceptionnel.

Le sacre à Marrakech sur les WSOPC

Marrakech semble occuper une place à part pour vous. Pourquoi ?

Marrakech a une signification toute particulière pour moi : c’est là que j’ai rencontré ma fiancée, Rosalie Petit. J’y étais sur un coup de tête, invité par des amis de Berne. L’atmosphère de la ville, la qualité des événements organisés et la proximité avec l’Europe en font un de mes endroits préférés pour jouer. Malheureusement, je ne pourrai pas être présent pour le MPO cette année.

Vous avez voyagé aux quatre coins du monde. Quels sont vos endroits préférés pour jouer ?

Outre Marrakech, j’adore les EPT pour leur organisation impeccable et la qualité des lieux. L’Asie propose des fields plus accessibles, tandis que Chypre est idéale pour son confort avec ses événements en formule tout compris.

Vous êtes actuellement 6e sur la Swiss All-Time Money List. Monter dans le classement est-il un objectif pour vous ?

Pas du tout. Ce qui compte, c’est le plaisir de jouer et de progresser.

Comment travaillez-vous votre jeu ?

Je passe beaucoup de temps à étudier et analyser mes mains. Avec les ressources disponibles aujourd’hui, j’ai encore une grande marge de progression.

Jouez-vous encore beaucoup online ?

Pendant plus de 10 ans, mon ratio était de 80 % online, 20 % live. Aujourd’hui, c’est presque l’inverse. Je joue encore les grosses séries online et les sessions du dimanche. Mon setup chez moi me permet de multitabler jusqu’à 20 tables, mais en voyage, c’est plus compliqué. Le poker en ligne m’a forgé, mais rien ne remplace l’adrénaline du live.

Voyager sur le circuit avec votre fiancée est-il un atout pour vous ?

Sans aucun doute. C’est en grande partie ce qui m’a fait revenir sur le circuit live. Voyager avec Rosalie transforme chaque tournoi en expérience plus enrichissante. Jouer un seul tournoi live me semble presque reposant comparé à grinder 15 tables online !

Photo prise au Es Saadi Marrakech Resort lors de leur fiancaille là où ils se sont rencontrés

Quel est votre programme pour les mois à venir ?

Nous avons joué le WPT Chypre, puis cap sur le Merit. Ensuite, direction Salzburg, puis l’Irish Poker Open. Derrière, cap sur l’Asie avec l’APT Taiwan et l’APPT Cambodge, avant sept semaines à Las Vegas pour les WSOP. Bien sûr, gagner un bracelet reste un rêve, mais c’est avant tout le plaisir du voyage et du jeu qui comptent.