Scène inhabituelle ce dimanche 9 mars à Saint-Apollinaire, en périphérie de Dijon. Alors que les cartes volaient et que les jetons s’accumulaient sur les tapis, le Service Central des Courses et des Jeux (SCCJ) a brutalement mis fin au tournoi organisé par le club Chouette Poker. Les forces de l’ordre ont perquisitionné les locaux de l’association, saisi l’ensemble du matériel de jeu et placé plusieurs membres du bureau en garde à vue.
Une enquête qui remonte à plusieurs mois
Derrière cette intervention, une enquête approfondie. L’association est soupçonnée d’avoir contourné la réglementation en incitant ses adhérents à verser des contributions financières directement liées à la participation aux tournois, une pratique formellement interdite par la loi sur les jeux d’argent. Selon les enquêteurs, ces pratiques étaient répétées et organisées de manière systématique.
Face aux accusations, Chouette Poker a admis avoir agi ainsi, justifiant ces choix par “des dépenses importantes pour organiser des événements de qualité”. Une défense qui ne suffira probablement pas à dissiper les ennuis judiciaires du club.
Un rappel à la loi sévère pour le poker associatif
Le SCCJ a rappelé une nouvelle fois les règles qui encadrent les clubs associatifs : aucun lien ne doit exister entre une contribution financière et l’accès à un tournoi, et le cash game y est strictement prohibé. Une réglementation déjà mise en avant par la Fédération Française de Poker Associatif (FFPA), qui milite pour un poker amateur encadré et conforme à la loi.
Le principal responsable du club risque désormais une peine de prison avec sursis ainsi qu’une amende. Une sanction qui pourrait servir d’exemple et inciter d’autres clubs à redoubler de prudence dans leur organisation. Car si l’esprit associatif reste au cœur du poker amateur, la frontière entre passion et activité illégale peut parfois être mince.
